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«La violence contre les femmes» de Sid-Ali Mazif projeté à Alger

05/12/2007 - Lu 1758 fois
«La violence contre les femmes» de Sid-Ali Mazif projeté à Alger Le film-documentaire «La violence contre les femmes» du réalisateur Sid-Ali Mazif, montrant les multiples souffrances vécues par la femme algérienne quelle que soit sa place dans la société, a été projeté dimanche soir à Alger.

D’une durée de 60 minutes, ce film montre, à partir de témoignages de plusieurs femmes victimes de différentes sortes de violences (conjugales, physiques, psychologiques, harcèlement sexuel et moral ainsi que l’inceste), les souffrances ressenties et les conséquences de ce phénomène social. Cette production débute par des images assez dures et difficiles à supporter, entraînant le public présent notamment des pensionnaires du centre des femmes en détresse El-Yasmine de Bou Ismaïl à exprimer son désagrément et sa gêne.  De grands plans sur des hématomes, plaies, fractures et ecchymoses, accompagnés de voix féminines tremblantes et souffrantes racontant l’origine de ces blessures ont, en effet, marqué la première partie du film.

Le documentaire raconte l’histoire de Hassina, Kheira et Assia qui, issues de différentes régions du pays et de catégories sociales distinctes partagent le même  sort  malgré la différence d’âge (entre 20 et 58) car confrontées à la mentalité et au comportement de leur entourage qui ont fait d’elles des «victimes refoulées» en raison des tabous.  Une partie de cette production, qui s’inscrit dans le cadre de la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe 2007», était réservée à des spécialistes en la matière, représentés par des sociologues, des avocats, des médecins légistes, des responsables d’associations et des membres de la Sûreté nationale.

Leurs témoignages ont fait comprendre que la violence contre les femmes touche «toutes les catégories sociales de femmes, qu’elles soient analphabètes ou lettrées, nées dans un milieu rural ou citadin, actives ou femmes au foyer».

Il a été indiqué aussi que 1 879 cas de violences contre les femmes ont été enregistrés durant le premier trimestre de l’année 2007, alors qu’en 2006, plus de 8 000 femmes avaient subi toutes sortes de violences. Interrogé par l’APS sur les conditions de réalisation de ce film-documentaire, Sid-Ali Mazif a fait état de la difficulté rencontrée durant le  tournage, notamment  pour faire parler certaines femmes victimes. Il a, toutefois, tenu à saluer «le courage» des femmes qui ont accepté de révéler leurs souffrances aux objectifs des caméras à visage découvert en brisant le mur du silence et les tabous. Le réalisateur a précisé que ce film représente, à la fois, un moyen et une façon de mettre en exergue «une partie de la réalité que vit la société algérienne et de tenter de comprendre pourquoi certains hommes sont violents contre les femmes dans notre société».

La violence contre les femmes est, selon Mazif, loin d’être anodine et engendre «la dislocation familiale» qui est, à son tour, source d’autres fléaux sociaux, comme la délinquance juvénile, la drogue, la prostitution, les enfants de la rue et les fugues, a-t-il fait savoir. Il a ajouté, dans ce contexte, que ce film «essaye de parler de cette violence d’une manière objective en cassant les tabous», déplorant que la majorité des femmes qui subissent ces violences «n’osent pas parler de leur souffrance ou de déposer une plainte auprès des services de sécurité».

Le but espéré par cette production est «de tirer la sonnette d’alarme et dénoncer la violence subie par les femmes en Algérie», a ajouté Mazif, expliquant qu’«il s’agit d’une situation anormale».

Soulignant que la violence contre les femmes «n’est pas un phénomène propre à l’Algérie», le réalisateur a, cependant, fait comprendre qu’il est nécessaire que «cette violence cesse».
«La femme algérienne n’a pas encore trouvé sa place dans notre société», a-t-il déploré, précisant que «le traitement des thèmes de la condition féminine est primordial dans notre société pour qu’elle puisse se développer».
Agence

Source : La nouvelle république