Alors après trois ans et demi « d’absence », depuis votre dernier album, vous revenez avec un nouvel album qui s’appelle « Nos lendemain ». On a l’impression que c’est une nouvelle Isabelle Boulay qui revient ?
Je ne sais pas si c’est une nouvelle Isabelle Boulay. C’est juste une Isabelle que l’on arrive à mieux connaître, un peu plus dévoilée.
Il paraît que pour cet album, la plupart des chansons n’ont nécessité que très peu de prises. Est-ce que c’était justement une envie de montrer le côté le plus pur, le plus primaire, pas trop travaillé en fait ?
On avait beaucoup travaillé la pré-production de cet album là. J’avais enregistré des maquettes. On a eu une pré-production qui a été assez élaborée, assez longue, qui m’a permis de faire connaissance avec mes chansons. Quand on est arrivé en studio avec Dominique et tous les musiciens, on a voulu jouer les chansons en live comme si on était sur scène pour avoir justement la magie de l’instant présent, la magie de l’instinct aussi. On a joué de façon très instinctive, tout le monde ensemble. On cherchait la vérité des chansons, on cherchait l’émotion pure. On n’était pas dans un désir de perfection, de grand esthétisme ou de grand lyrisme musical. On voulait surtout servir les chansons et partir de la matière première c’est à dire la musique et les mots, et puis juste jouer ce qu’il fallait pour arriver à faire vivre les chansons dans leur essence propre.
Est-ce que vous pensez déjà à la tournée ?
Oui, je suis déjà dans la tournée. Mais dès que j’ai fini un projet, je suis déjà dans l’idée d’un autre projet. Je suis, pour mon entourage, parfois difficile à suivre. Mais j’ai une idée assez nette de là où j’ai envie d’aller ; et surtout, quand j’ai terminé un disque, c’est sur scène que j’ai envie d’aller. Dès la fin du disque, je pensais déjà au spectacle. On a commencé le travail de pré-production de la tournée bien avant de poser un orteil sur scène ; j’ai fait appel à Yves Desgagnés, un grand acteur
québécois, qui a fait la mise en scène. C’est un spectacle dans lequel il y a un peu plus de théâtralité. Les décors sont de Jean Bart, les éclairages de Michel Beaulieu qui est un grand maître de l’éclairage en théâtre chez nous. Juste pour vous dire Michel Beaulieu quand il va quitter mon spectacle, il part à la Scala de Milan éclairer la prochaine pièce de Robert Lepage. C’est un vrai bonheur pour moi de travailler avec des gens comme ça parce que ils me permettent d’aller encore plus loin, d’aller dans des espaces où je ne suis jamais allée : à l’intérieur de moi-même, le travail de la lumière sur scène, toutes ces choses que je ne maîtrisais pas. J’avais appris un peu ça avec Lewis Furey quand j’ai joué dans Starmania, il y a une dizaine d’années. Mais c’est vrai qu’on a voulu créé un spectacle qui soit au service des chansons et à l’image de ces nouvelles chansons là . C’est un peu comme si on faisait entrer les gens dans une boîte à musique.
Interview menée par Joëlle Martinez de tele-vision.fr