
A 67 ans, Ramdane Ouatiki, cet algérien désemparé ne rêve que d’une chose : reprendre ses enfants pris en otages depuis 1994 à Lille par son ex-épouse et par la France ! Son histoire ressemble à celle de Betty Mahmoudy, dont le livre, jamais sans ma fille, a ému le monde entier. Mais dans l’histoire de Ramdane, les rôles sont inversés. C’est en l’occurrence lui, le père, qui est privé de ses enfants, de sa fille surtout.
Flash-back sur une histoire digne d’un polar. Mars 1994, Ramdane Ouatiki emmène ses trois enfants passer les vacances scolaires chez sa belle-sœur sur insistance de sa femme, également du voyage. Arrivé à l’aéroport de Lille, le malheureux Ramdane, qui attendait ses bagages, constata que sa petite famille s’est évanouie dans le brouhaha de l’aéroport. Ayant cru à un enlèvement, il se mit à chercher ses enfants et à errer dans l’enceinte en frappant à toutes les portes. Pas une trace. Or, pendant qu’il faisait la queue pour récupérer les bagages, sa femme a filé à l’anglaise avec les enfants à destination de Perpignan chez sa sœur.
Quelques jours plus tard, il découvre le pot aux « ronces ». Sa femme avait soigneusement préparé son coup avec la complicité de sa sœur pour fuir son mari avec enfants et bagages. Ce fut le début d’un cauchemar qui durera 14 ans pour ce père abandonné à son triste sort. En effet, en 2000, sa futée de femme obtint le divorce de la justice française sous prétexte que son mari était « violent, musulman intégriste ». Des « chefs d’inculpation » qui ne laissent aucune chance à Ramdane Ouatiki face à la justice française si prompte à casser du musulman. « Personne ne peut rapporter quelque chose contre moi. J’aime mes enfants, mon ex-femme me les a volés avec la complicité de la justice française… » Eploré, le père n’obtiendra pas gain de cause malgré une action en justice. Le tribunal de grande instance de Dunkerque a considéré qu’il n’y avait pas de faute commise par l’Etat français dans la gestion de son affaire. Ce jugement sera confirmé par un arrêt de la cour d’appel de Douai rendu le 16 mars 2006. Rien à faire.
Pour Ramdane Ouatiki, qui a écrit aux présidents Chirac puis Sarkozy, à l’Elysée, à Matignon et aux tribunaux, « tout l’Etat français est complice… ils m’on enlevé mes droits de père… C’est insupportable ! » Unique « concession » du tribunal de grande instance de Perpignan à Ramdane : voir sa petite fille (aujourd’hui âgée de 19 ans) 28 heures par trimestre jusqu’à 2010. Loin de baisser les bras, ce père digne venu à notre rédaction raconter son drame promet de ne pas se taire. « Je n’ai rien à perdre, dès lors que j’ai déjà tout perdu… mes enfants », dit-il les yeux larmoyants. En 2004, son histoire a tellement ému les citoyens de Montpellier qu’une manifestation de soutien fut organisée à l’appel de l’association Allô papa, Allô maman. Son avocat réclame un million d’euros de dommages et intérêts, mais lui, demande juste qu’on lui rende sa petite Sabrina. Ultimes actions pour se faire entendre après avoir écumé de nombreuses rédactions françaises, suisses et belges : saisir la cour européenne des droits de l’homme et sortir son livre Aller, sans retour ! Pendant ce temps, son ex-épouse travaille, curieusement, au tribunal de Perpignan, la juridiction qui lui a offert le divorce sur un plateau. Pour un éventuel soutien contacter Ouatiki.ramdane@ hotmail.com
Source : El Watan