le quotidien Horizons rend hommage à d'anciennes condamnées à mort algériennes
06/03/2009 - Lu 1856 fois

Le quotidien Horizons a rendu jeudi à Alger un hommage à des militantes de la cause nationale condamnées à mort par la France coloniale et qui n'ont pas été exécutées, à l'occasion de la célébration du 8 mars, Journée internationale de la femme.
Une cérémonie a été organisée à cet effet au musée du Moudjahid pour témoigner du dévouement, du courage, du combat et de la résistance de ces femmes qui ont participé, aux cotés des hommes, à la lutte pour que l'Algérie vive et puisse recouvrer son indépendance et sa souveraineté.
L'hommage, qui s'est déroulé en présence du secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Communication, M. Azzedine Mihoubi, a été rendu aux militantes Djoher Akrour, Jacqueline Guerroudj, Zahia Khalfallah, Djamila Bouazza, Djamila Bouhired et Baya Hocine.
La directrice de publication d'Horizons, Mme Naâma Abbas, a rendu dans son allocution un vibrant hommage à ces femmes qui ont "voué leur jeunesse et sacrifié leur vie pour la patrie, donnant une leçon de courage à leurs bourreaux".
"C'est à ces femmes-courage, dont le combat nous a permis d'être des Algériennes debout que nous rendons aujourd'hui hommage", a-t-elle dit.
Lors de la cérémonie, l'universitaire Malika El Korso est intervenue pour témoignager sur le combat et l'esprit nationaliste de la femme algérienne, qu'elle soit citadine ou rurale, analphabète ou instruite, dans la glorieuse Révolution de Novembre 54.
"Ce genre de rencontres permet de rendre à ces anciennes condamnées à mort leur existence et de les incorporer dans la trame historique", a-t-elle souligné, déplorant le "peu" d'écrits universitaires qui traitent du rôle de la femme dans la Guerre de libération nationale.
Mme El Korso a ajouté que "l'historiographie officielle présente deux figures de femmes militantes, à savoir la Fidaïa (résistante urbaine) et la maquisarde" mais parle peu de la catégorie des résistantes civiles qui comprend "des milliers de femmes anonymes".
Ella a tenu à rendre hommage aussi aux femmes d'origine française ainsi qu'à celles de l'émigration, qui ont milité pour la cause nationale, soulignant la nécessité de les faire connaître aux nouvelles générations. "Cela représente un devoir de mémoire et un acte historique", a-t-elle affirmé.
"Toutes les femmes héroïnes, médiatisées ou anonymes, ont payé un lourd tribut. Ils faut leur rendre hommage car elles ont lutté pour libérer la société algérienne de toute injustice afin que les femmes et les hommes vivent égaux en droits et devoirs dans une Algérie libre".
Pour sa part, M. Mihoubi a salué l'initiative du quotidien Horizons qui, a-t-il dit "contribue à mettre en lumière un pan de la mémoire historique des Algériens relatif au combat des femmes".
Il a appelé à davantage de rencontres qui concernent le rôle et l'apport de la femme dans la Guerre de libération nationale, qu'elle soit citadine, rurale ou de nationalités étrangères.
M. Mihoubi a, en outre, salué le volet consacré à la promotion des droits politiques de la femme dans le récente révision de la Constitution (novembre 2008), affirmant qu'il s'agit d'un "grand pas" et d'un "important acquis" pour la femme algérienne.
Horizons a dédié, à l'occasion du 8 mars, un numéro spécial aux femmes rescapées de la guillotine durant la période coloniale, dans lequel ont été publiés des portraits et interviews d'héroïnes de la Révolution condamnées à mort.
De format magazine, ce numéro spécial de 48 pages en couleurs et illustrées, s'ouvre sur un éditorial signé par Rachid Hammoudi qui a mis en relief le combat de la femme algérienne à travers l'histoire, de la Kahina à Hassiba Ben Bouali, en passant par Fatma N'soumer.
APS